1.-
Gira en medio de la oscuridad
Perdida entre la luz y sus sombras.
Dentro de ella, las botas imponen ritmos sincopados
Grietas de lo que se pierde en la esperanza.
Sigue girando en la historia;
Las voces del culto se confunden con la herramienta de mineros,
Buscadores del oro de sus entrañas,
Obreros que valen menos que el diamante.
Sigue girando…
La basura construye una Babel inmensa
Que amenaza con destruir la última frontera.
El hombre nuevo es voraz: lo quiere todo.
Perdido en la imagen sugerente,
Indiferente ante los mares,
Ante los bosques bajo las sombras del hachador,
Ante los predicadores que esperan el nuevo mundo,
Un lugar por destruir
*
Elle tourne au milieu de l'obscurité
Perdue entre la lumière et ses ombres.
À l'intérieur d'elle, les bottes imposent des rythmes syncopés,
Fissures de ce qui est perdu dans l'espoir.
Elle continue de tourner dans l'histoire
Les voix du culte se confondent avec l'outil des mineurs
Des chercheurs d'or de ses entrailles,
Des ouvriers qui valent moins que le diamant.
Elle continue à tourner
Les ordures construisent un immense Babel
Qui menace de détruire la dernière frontière.
L'homme nouveau est vorace : il veut tout.
Perdu dans l'image suggestive,
Indifférent aux mers,
Devant les bois sous les ombres de la hache,
Devant les prédicateurs qui attendent le nouveau monde,
Un lieu à détruire
2.-
Ahí está…
Susurra, casi inaudible, entre las flores del jardín,
Escuchando el aleteo de mariposas
Y las conspiraciones de abejas.
Una pequeña brizna,
Tan liviana como mi alma que la contempla.
No señala a ninguna parte, peregrina del viento;
Se metamorfosea entre las hojas, como un valiente poema.
Miro su diminuta presencia,
Un universo de pequeños pistilos que me conmueve.
Se irá sin despedirse,
Lo sé.
Ahí va…
Desfilando en esa línea imaginaria que surca este jardín.
Pronto, acompañada de la brisa,
Se perderá entre tantas otras;
Su vuelo me hará soñar
Con algodones efímeros que flotan hacia el infinito,
Manto de pequeñas hadas
Que se revelan solo a los ojos atentos.
*
La voici…
Elle murmure, presque inaudible, parmi les fleurs du jardin,
Écoutant le frôlement des papillons
Et les conciliabules des abeilles.
Un petit brin,
Aussi léger que mon âme qui la contemple.
Elle ne pointe nulle part, pèlerine des vents ;
Elle se métamorphose parmi les feuilles, comme un poème audacieux.
Je contemple sa présence effacée,
Un univers de minuscules pistils qui m’émeut.
Elle s’en ira sans un adieu,
Je le sais.
La voilà qui s’en va…
Défilant le long de cette ligne imaginaire qui sillonne ce jardin.
Bientôt, portée par la brise,
Elle se perdra parmi tant d’autres ;
Son envol me fera rêver
À des duvets éphémères qui s’envolent vers l’infini,
Voile de petites fées
Qui ne se révèlent qu’aux yeux attentifs.
3.-
Las calles arden de mensajes.
Los niños asoman la mirada
Por una ventana mínima,
Del tamaño de un dedal,
Pero suficiente para ver el mundo.
Los viejos levantan fronteras
Ante la serpiente que devora sin saciarse.
En medio del ruido, una canción se alza:
Chispa viva en la noche cerrada.
Los malvados llegan con su sombra
Para sofocar la llama,
Pero no entienden que la magia no se apaga.
Siempre habrá esperanza:
Por cada mano que oprime,
Otra se abre para liberar;
Por cada bomba que rompe el aire,
Millones de versos
Trabajan en silencio,
Cavando túneles de luz
Dentro del corazón humano.
*
Les rues brûlent de messages.
Le regard des enfants affleure
Par une fenêtre minuscule,
De la taille d'un dé à coudre,
Mais suffisante pour contempler le monde.
Les anciens dressent des frontières
Face au serpent qui dévore sans jamais se rassasier.
Au milieu du vacarme, un chant s'élève :
Étincelle vive dans la nuit close.
Les malfaisants arrivent avec leur ombre
Pour étouffer la flamme,
Mais ils ne comprennent pas que la magie ne s'éteint pas.
L'espoir sera toujours là :
Pour chaque main qui opprime,
Une autre s'ouvre pour libérer ;
Pour chaque bombe qui déchire l'air,
Des millions de vers
Travaillent en silence,
Creusant des tunnels de lumière
Au plus profond du cœur humain.
4.-
El hongo se abre paso en la historia
Su luz irradió millones de cuerpos desprevenidos
No lo vi, me lo han contado como una fábula,
Cuento infantil en tercera persona, los malos del momento dirían unos
El hongo es tan luminoso, brilla con tanta intensidad
Que llena de asombro a pesar de los años
Su llegada Por los aires en forma de un ángel metálico
Que dejó caer su pluma sobre sembradíos de arroz
Un dedo bastó para acabar con sonrisas que nadie imaginó
Solo un botón y el fuego se volvió la frontera del horror
Abajo…
Los nadie aferrados al arado, niños son pelotas que no llegaron a su destino lúdico,
Hiroshima y Nagasaki
Se abren paso en medio del fuego
Una luz que oscurece
Unos ganaron, pero al final perdió el mundo su inocencia
Entre el foxtrot y algarabía
Celebraron los dormidos
Abajo… entre los escombros, la mueca insepulta nos recuerda
Fue solamente un principio
*
Le champignon s'impose dans l'histoire.
Sa lumière a irradié des millions de corps sans défense.
Je ne l'ai pas vu, on me l'a raconté comme une fable,
Un conte pour enfants à la troisième personne, les méchants du moment, diraient certains.
Le champignon est si lumineux, il brille avec une telle intensité
Qui remplit d'effroi malgré les années.
Son arrivée par les airs sous la forme d'un ange métallique
Qui laissa tomber sa plume sur des rizières.
Un doigt suffit pour anéantir des sourires que personne n'imaginait.
Un seul bouton et le feu devint la frontière de l'horreur.
En bas…
Les sans-grade agrippés à la charrue, des enfants, ballons qui n'atteignirent jamais leur destination ludique,
Hiroshima et Nagasaki
dans le feu, sont apparues..
Une lumière qui obscurcit.
Certains ont gagné, mais au final le monde a perdu son innocence.
Entre le foxtrot et les cris de joie,
Célébraient les endormis, sans foi.
En bas… parmi les décombres, la grimace insepulte nous rappelle :
Ce n'était qu'un début.
5.-
Cierro los ojos y me alcanza tu lamento.
Mi piel arrastra las mismas penas de ayer.
Me disuelvo en palabras y versos;
Otros me acompañan en la procesión,
Con sonidos de ríos
Y pájaros muertos en las alambradas.
Un técnico del imposible me dice:
—¡Vamos bien!
Cierro los ojos, no por miedo ni negación:
Es tristeza por aquel árbol que un día visité,
Donde escribí mi amor cómplice en su follaje,
Hoy arrancado de raíz
Por el hacha que rompe los silencios.
Madre Tierra, profanada:
No tienes la suerte de otras madres.
Nunca falta quien encienda un cerillo en tu nombre,
Quien derrame podredumbre tras bolsas de reciclaje.
Abandonada a tu suerte,
Mil veces invocada,
O mil veces profanada…
¿Quién lo sabe?
*
Je ferme les yeux et ta plainte m'atteint.
Ma peau traîne les mêmes peines qu'hier.
Je me dissous en mots et en vers ;
D'autres m'accompagnent dans la procession,
Au son des rivières
Et des oiseaux morts sur les barbelés.
Un technicien de l'impossible me dit :
— Ça va bien !
Je ferme les yeux, non par peur ni par déni :
C'est la tristesse pour cet arbre que j'ai visité un jour,
Où j'ai écrit mon amour complice sur son feuillage,
Aujourd'hui déraciné
Par la hache qui brise les silences.
Terre Mère, profanée :
Tu n'as pas la chance des autres mères.
Il ne manque jamais quelqu'un pour allumer une allumette en ton nom,
Qui déverse la pourriture derrière les sacs de recyclage.
Abandonnée à ton sort,
Mille fois invoquée,
Ou mille fois profanée…
Qui sait ?
***