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La Casa Que Soy / Otras voces

Amanda Reverón

 


Egresada en la especialidad de Arte Puro de la Escuela de Artes Visuales Rafael Monasterios de Maracay. Fotografía en Movimiento Diafragma y Dibujo Analítico Experimental en Escuela de Artes Visuales Rafael Monasterios. Ha ejercido la docencia en el área de Dibujo y Diseño en diversas instituciones.


**

Diplômée de l'École d'Arts Visuels Rafael Monasterios de Maracay, où elle s'est spécialisée en Art Pur. Sa formation inclut également la Photographie en Mouvement, le Diaphragme et le Dessin Analytique Expérimental, étudiés au sein de la même institution. Elle a enseigné le Dessin et le Design dans diverses institutions.

Obras de la Artista/




***



 


Prefacio/

El Grito de Gaia emerge como un eco que resuena en tiempos de incertidumbre medioambiental. Las voces de Awoul Raphaël y Justine Temeyissa Patalé (Camerún); Tibisay Vargas Rojas, Ernesto Marrero, Ricardo Jesús Mejías, Humberto Roa Aguilar, Wafi Salih y Williams Alberto Hernández (Venezuela); Anabelle Aguilar Brealey (Costa Rica) y Adrián Parra Bueso (España) recrean, cada una con su singular perspectiva, la crisis ecológica. Invitan a escuchar el lamento profundo de la Tierra, a sentir la vibración de su dolor y a reflexionar sobre nuestra relación con el planeta que habitamos. Están enfocadas en la poética del sufrimiento ambiental inherente a la actividad antropogénica.

Esta antología poética, compilada por Amanda Reverón y Justine Temeyissa Patalé e ilustrada por la sensibilidad artística de Keyla Holmquist, trasciende la mera expresión estética para convertirse en un testimonio elocuente de la interconexión entre el ser humano y su entorno. Los diferentes poemas aparecen en versión bilingüe (en español y en francés). No solo celebran la belleza de la Naturaleza, sino que también exponen las heridas infligidas por la actividad humana a la misma Naturaleza.             

En palabras esenciales, El grito de Gaia es un recordatorio de que somos parte de un todo interconectado y que nuestras acciones tienen un impacto directo en el bienestar de nuestro planeta. Es una invitación a escuchar el susurro del viento, el lamento de los árboles y el grito silencioso de la Tierra, para así construir un futuro más justo y sostenible para todos. Esta antología es un testimonio de la fuerza de la poesía como herramienta de concienciación y transformación. Es un grito de esperanza que nos invita a reconectarnos con nuestra esencia humana y a asumir nuestra responsabilidad como guardianes de Gaia, nuestra madre Tierra.


**

Préface/

Le Cri de la terre s'élève tel un écho qui résonne à l'heure de l'incertitude environnementale. Les voix d'Awoul Raphaël et Justine Temeyissa Patalé (Cameroun); de Tibisay Vargas Rojas, Ernesto Marrero, Ricardo Jesús Mejías, Humberto Roa Aguilar, Wafi Salih et Williams Alberto Hernández (Venezuela); d'Anabelle Aguilar Brealey (Costa Rica) et d'Adrián Parra Bueso (Espagne) recréent, chacune avec sa perspective singulière, la crise écologique. Elles invitent à écouter la plainte profonde de la Terre, à ressentir la vibration de sa douleur et à méditer sur notre relation avec la planète que nous habitons. Elles se concentre sur la poétique de la souffrance environnementale inhérente à l'activité anthropogénique.

Cette anthologie poétique, compilée par Amanda Reverón et Justine Temeyissa Patalé et illustrée par la sensibilité artistique de Keyla Holmquist, transcende la simple expression esthétique pour se muer un témoignage éloquent de l'interconnexion entre l'être humain et son environnement. Les différents poèmes se présentent en version bilingue (en espagnol et en français). Ils ne célèbrent passeulement la beauté de la Nature, mais ils exposent également les blessures infligées par l'activité humaine à cette même Nature.

En termes essentiels, Le Cri de la terre nous rappelle que nous faisons partie d'un tout interconnecté et que nos actions ont un impact direct sur le bien-être de notre planète. C'est une invitation à écouter le murmure du vent, la plainte des arbres et le cri silencieux de la Terre, afin de construire un avenir plus juste et durable pour tous. Cette anthologie témoigne de la force de la poésie comme outil de conscientisation et de transformation. C'est un cri d'espoir qui nous invite à renouer avec notre essence humaine et à assumer notre responsabilité en tant que gardiens de Gaïa, notre Terre Mère.


***





 


1.-

Corporeidad estoica

ante el vaivén de tus aguas

Ondas vibrantes

de la energía sublime del amor

Lienzo que te forma

y se forja en la retina madre

Galaxia en ebullición

con prismas y trazos

donde la vida se crea y recrea

Tus labios invocan

el enlace de entrada al portal

que siempre nos ha nombrado

Eterna amante, tú.


*

La corporéité stoïque

face au va-et-vient de tes eaux

Ondes vibrantes

de l'énergie sublime de l'amour

Toile qui te façonne

et se forge dans la rétine mère

Galaxie en ébullition

avec ses prismes et ses traits

où la vie se crée et se recrée

Tes lèvres invoquent

le lien d'entrée au portail

qui nous a toujours appelés

Éternelle amante, toi.


2.-

El rocío del colibrí era tu mirada

mientras hablabas del hecho creativo

De pronto a mi izquierda un aleteo

eran tus ojos hurgándome  

No sé si el lienzo plasmó aquella imagen

cientos de estrellas invitándonos a volar

Vi baile

vi festejos al mar de tu cuerpo

Cantabas 

y seguía tu voz buscando mis labios

Me invitabas a sonreír ¿o besar?

nunca lo sabré

contigo cuadra la alegría

¡No es simulacro!

es canción, es ofrenda, es amor

La m de tu nombre nombra 

el concepto del amor

y te nombra Mujer…


*

Ton regard, rosée de colibri,

tandis que tu parlais de l'acte créatif.

Soudain, à ma gauche, un battement d'ailes,

c'étaient tes yeux qui me sondaient.

Je ne sais si la toile a su rendre cette image,

des centaines d'étoiles nous invitant à voler.

J'ai vu la danse,

j'ai vu des fêtes à la mer de ton corps.

Tu chantais,

et ta voix cherchait mes lèvres.

Tu m'invitais à sourire, ou à embrasser ?

Je ne le saurai jamais.

Avec toi, la joie prend tout son sens.

Ce n'est pas un simulacre !

C'est un chant, c'est une offrande, c'est un amour.

Le M de ton nom nomme

le concept de l'amour

et il te nomme Femme…


3.-

Aromas de ciudad


Cariño

hoy te quise sorprender

con un manojo

de todos los tulipanes, rosas y orquídeas

que habitan en mi desierto baldío

Un gesto de amor

que en la serenidad de tu sonrisa

alcance esplendor

Mas el desierto pudo más

que las flores

Y mi triste mirada

otra vez sepulta

las fragancias de un Paris

que sobre rieles avizoran

el final

la estación lúgubre

donde no te he de llevar

Aquí cancelo el boleto

un solo viaje, un solo pasajero

Abordo la maraña de estaciones

y me sumerjo en esta Babel.


*

Senteurs de la cité


Mon amour,

aujourd'hui j'ai voulu te surprendre

avec un bouquet

de toutes les tulipes, roses et orchidées

qui habitent mon désert aride.


Un geste d'amour

pour qu'il prenne toute sa splendeur

dans la sérénité de ton sourire.


Mais le désert a eu raison

des fleurs.


Et mon regard triste

ensevelit de nouveau

les parfums d'un Paris

qui, sur les rails, annoncent

la fin.


La gare lugubre

où je ne te mènerai pas.


Ici, j'annule le billet,

un seul voyage, un seul passager.


J'embarque dans le dédale des stations

et me plonge dans cette Babel.


***







 


1.-

 Sílabas de mi Edén  

Tengo sed de sílabas bellas,  

palabras intensas, como estrellas,  

que a mi alma doliente  

lleven en comas, suavemente,  

a luminosas vidas, sin querellas.  


Tengo sed de sílabas bellas,  

de tinta intensa, que destella,  

que me saque de la espina,  

de la raíz que se termina,  

y mi ser marchito se querella.  


Tengo sed de sílabas de viento,  

que den a mi existir un nuevo acento,  

un rumbo claro y sin igual,  

que aleje de mí todo mal,  

y me lleve a un mejor momento.  


*

Syllabes de mon Éden


J'ai soif de belles syllabes,

De mots intenses, tels des étoiles,

Qui à mon âme souffrante

Apportent  en douces,  calmement

des vies lumineuses, sans querelles.


J'ai soif de belles syllabes,

D'encre intense, qui scintille,

Qui me sorte de l'épine,

De la racine qui se termine,

Et mon être flétri se lamente.


J'ai soif de syllabes de vent,

Qui donnent à mon existence un nouvel accent,

Un chemin clair et sans égal,

Qui éloigne de moi tout mal,

Et me mène vers un meilleur moment.


2. -

Eco de memoria  


El hombre, un enigma,  

capaz de amor y de guerra,  

¿qué es ser humano? 


*

 Écho de mémoire


L’homme, une énigme,

Capable d’amour et de guerre,

Qu’est-ce qu’être humain ?



3.-

Agua celestial  

Fluye, florece y brilla  


Como el agua, fluye sin cesar,  

como la tierra, florece sin parar.  


Como el fuego, transfórmate, arde,  

como las plantas, crece, no te arredres.  


Como el sol, brilla con fulgor,  

como la luz, ilumina con amor.  

Como la lluvia, llora, limpia el dolor,  

como el viento, sé libre, vuela con valor.


*

Eau Céleste


Coule, éclos et brille


Comme l’eau, coule sans cesse,

comme la terre, éclos sans fin.


Comme le feu, transforme-toi, brûle,

comme les plantes, grandis, ne te décourage pas.


Comme le soleil, brille de tout ton éclat,

comme la lumière, illumine avec amour.

Comme la pluie, pleure, nettoie la douleur,

comme le vent, sois libre, vole avec courage.


4. -

Querido árbol, voz de Gaïa herida


Dime lo que te duele, susurro de la tierra,

Cuéntame tus sufrimientos, eco de la guerra

Que libra la ambición contra la vida misma.

Aguantaré tu corazón partido, el prisma

De un dolor ancestral, la memoria del bosque,

El lamento silente que el hombre desconoce.


Háblame de tu vivencia, de la savia que llora,

De la raíz que tiembla, del alma que implora.

¿Te duelen los puñados de hacha, la fría

Hoja que cercena la carne que te guía,

Que te conecta al cielo, a la lluvia, al sol?

¿Sientes la amputación, el control, el descontrol?


¿Toca tu yo interior la matanza de tus hijos,

De los brotes tiernos, de los retoños prolijos

Que soñaban con crecer, con danzar al viento,

Con ser refugio de aves, con ser alimento?

¿Sientes la orfandad, la soledad profunda,

Cuando el fuego arrasa, cuando el humo inunda?


¡Háblame! Desahoga tu pena, tu rabia,

Tu miedo ancestral a la extinción, a la labia

Del hombre que promete progreso y abundancia,

Mientras te desangra, mientras te distancia

De tu esencia sagrada, de tu noble misión:

Ser pulmón del planeta, ser fuente de creación.


Te escucho, corazón, latido de la Tierra,

Tu queja es mi conciencia, tu dolor mi guerra.

Prometo alzar mi voz, luchar por tu defensa,

Para que tus ramas vuelvan a sentir la inmensa

Alegría de la vida, la paz de la armonía,

Y Gaïa, nuestra madre, recupere su sonrisa


*

Cher arbre, voix de Gaïa blessée,


Dis-moi ce qui te fait mal, murmure de la terre,

Raconte tes souffrances, écho de la guerre

Que mène l'ambition contre la vie même.

Je tiendrai ton cœur brisé, le diathème

D'une douleur ancestrale, mémoire du bois,

La plainte silencieuse que l'homme ne voit pas.


Parle-moi de ta vie, de la sève qui pleure,

De la racine qui tremble, de l'âme qui implore.

Te blessent-ils, les coups de hache, la lame froide

Qui tranche la chair vive, ta force qui guide,

Qui te relie au ciel, à la pluie, au soleil ?

Sens-tu l'amputation, le contrôle, le réveil


De la folie ? Ton être sent-il l'hécatombe

De tes enfants, des bourgeons, des rejetons en nombre

Qui rêvaient de grandir, de danser au vent,

D'être refuge d'oiseaux, d'être aliment ?

Sens-tu l'orphelinat, la solitude immense,

Quand le feu ravage, quand la fumée s'élance ?


Parle-moi ! Soulage ta peine, ta rage,

Ta peur ancestrale de l'extinction, au langage

De l'homme qui promet progrès et abondance,

Tandis qu'il te saigne, tandis qu'il te distance

De ton essence sacrée, de ta noble mission :

Être poumon du monde, être source de création.


Je t'écoute, mon cœur, battement de la Terre,

Ta plainte est ma conscience, ta douleur ma guerre.

Je promets d'élever ma voix, de te défendre,

Pour que tes branches sentent à nouveau l'étendre

De la joie de la vie, la paix de l'harmonie,

Et Gaïa, notre mère, retrouve son sourire. 


***


 


1.-

Gira en medio de la oscuridad

Perdida entre la luz y sus sombras.

Dentro de ella, las botas imponen ritmos sincopados

Grietas de lo que se pierde en la esperanza.

Sigue girando en la historia;


Las voces del culto se confunden con la herramienta de mineros,

Buscadores del oro de sus entrañas,

Obreros que valen menos que el diamante.

Sigue girando…


La basura construye una Babel inmensa

Que amenaza con destruir la última frontera.

El hombre nuevo es voraz: lo quiere todo.

Perdido en la imagen sugerente,

Indiferente ante los mares,

Ante los bosques bajo las sombras del hachador,

Ante los predicadores que esperan el nuevo mundo,

Un lugar por destruir


*

Elle tourne au milieu de l'obscurité


Perdue entre la lumière et ses ombres.

À l'intérieur d'elle, les bottes imposent des rythmes syncopés,

Fissures de ce qui est perdu dans l'espoir.

Elle continue de tourner dans l'histoire 

Les voix du culte se confondent avec l'outil des mineurs

Des chercheurs d'or de ses entrailles,

Des ouvriers qui valent moins que le diamant.


Elle continue à tourner

Les ordures construisent un immense Babel

Qui menace de détruire la dernière frontière.

L'homme nouveau est vorace : il veut tout.

Perdu dans l'image suggestive,

Indifférent aux mers,

Devant les bois sous les ombres de la hache,

Devant les prédicateurs qui attendent le nouveau monde,

Un lieu à détruire


2.-

Ahí está…


Susurra, casi inaudible, entre las flores del jardín,

Escuchando el aleteo de mariposas

Y las conspiraciones de abejas.


Una pequeña brizna,

Tan liviana como mi alma que la contempla.

No señala a ninguna parte, peregrina del viento;

Se metamorfosea entre las hojas, como un valiente poema.


Miro su diminuta presencia,

Un universo de pequeños pistilos que me conmueve.


Se irá sin despedirse,


Lo sé.

Ahí va…

Desfilando en esa línea imaginaria que surca este jardín.


Pronto, acompañada de la brisa,

Se perderá entre tantas otras;

Su vuelo me hará soñar

Con algodones efímeros que flotan hacia el infinito,

Manto de pequeñas hadas

Que se revelan solo a los ojos atentos.


*

La voici…


Elle murmure, presque inaudible, parmi les fleurs du jardin,

Écoutant le frôlement des papillons

Et les conciliabules des abeilles.


Un petit brin,

Aussi léger que mon âme qui la contemple.

Elle ne pointe nulle part, pèlerine des vents ;

Elle se métamorphose parmi les feuilles, comme un poème audacieux.


Je contemple sa présence effacée,

Un univers de minuscules pistils qui m’émeut.

Elle s’en ira sans un adieu,

Je le sais.

La voilà qui s’en va…

Défilant le long de cette ligne imaginaire qui sillonne ce jardin.

Bientôt, portée par la brise,

Elle se perdra parmi tant d’autres ;

Son envol me fera rêver

À des duvets éphémères qui s’envolent vers l’infini,

Voile de petites fées

Qui ne se révèlent qu’aux yeux attentifs.


3.-

Las calles arden de mensajes.


Los niños asoman la mirada

Por una ventana mínima,

Del tamaño de un dedal,

Pero suficiente para ver el mundo.


Los viejos levantan fronteras

Ante la serpiente que devora sin saciarse.


En medio del ruido, una canción se alza:

Chispa viva en la noche cerrada.


Los malvados llegan con su sombra

Para sofocar la llama,

Pero no entienden que la magia no se apaga.


Siempre habrá esperanza:

Por cada mano que oprime,

Otra se abre para liberar;

Por cada bomba que rompe el aire,

Millones de versos

Trabajan en silencio,

Cavando túneles de luz

Dentro del corazón humano.

   

*

Les rues brûlent de messages.


Le regard des enfants affleure

Par une fenêtre minuscule,

De la taille d'un dé à coudre,

Mais suffisante pour contempler le monde.


Les anciens dressent des frontières

Face au serpent qui dévore sans jamais se rassasier.

Au milieu du vacarme, un chant s'élève :

Étincelle vive dans la nuit close.


Les malfaisants arrivent avec leur ombre

Pour étouffer la flamme,

Mais ils ne comprennent pas que la magie ne s'éteint pas.


L'espoir sera toujours là :

Pour chaque main qui opprime,

Une autre s'ouvre pour libérer ;

Pour chaque bombe qui déchire l'air,

Des millions de vers

Travaillent en silence,

Creusant des tunnels de lumière

Au plus profond du cœur humain.


4.-

El hongo se abre paso en la historia 


Su luz irradió millones de cuerpos desprevenidos 

No lo vi, me lo han contado como una fábula, 

Cuento infantil en tercera persona, los malos del momento dirían unos 

El hongo es tan luminoso, brilla con tanta intensidad 

Que llena de asombro a pesar de los años 

Su llegada Por los aires en forma de un ángel metálico 

Que dejó caer su pluma sobre sembradíos de arroz


 Un dedo bastó para acabar con sonrisas que nadie imaginó 

Solo un botón y el fuego se volvió la frontera del horror 


Abajo… 

Los nadie aferrados al arado, niños son pelotas que no llegaron a su destino lúdico, 

Hiroshima y Nagasaki 

Se abren paso en medio del fuego 

Una luz que oscurece 

Unos ganaron, pero al final perdió el mundo su inocencia 

Entre el foxtrot y algarabía 

Celebraron los dormidos 


Abajo… entre los escombros, la mueca insepulta nos recuerda 

Fue solamente un principio 


*

Le champignon s'impose dans l'histoire.


Sa lumière a irradié des millions de corps sans défense.


Je ne l'ai pas vu, on me l'a raconté comme une fable,

Un conte pour enfants à la troisième personne, les méchants du moment, diraient certains.


Le champignon est si lumineux, il brille avec une telle intensité

Qui remplit d'effroi malgré les années. 


Son arrivée par les airs sous la forme d'un ange métallique

Qui laissa tomber sa plume sur des rizières.


Un doigt suffit pour anéantir des sourires que personne n'imaginait.

Un seul bouton et le feu devint la frontière de l'horreur.


En bas…

Les sans-grade agrippés à la charrue, des enfants, ballons qui n'atteignirent jamais leur destination ludique,

Hiroshima et Nagasaki

dans le feu, sont apparues..


Une lumière qui obscurcit.


Certains ont gagné, mais au final le monde a perdu son innocence.


Entre le foxtrot et les cris de joie,

Célébraient les endormis, sans foi.


En bas… parmi les décombres, la grimace insepulte nous rappelle :

Ce n'était qu'un début.


5.-

Cierro los ojos y me alcanza tu lamento.


Mi piel arrastra las mismas penas de ayer.

Me disuelvo en palabras y versos;

Otros me acompañan en la procesión,

Con sonidos de ríos

Y pájaros muertos en las alambradas.


Un técnico del imposible me dice:

—¡Vamos bien!

Cierro los ojos, no por miedo ni negación:


Es tristeza por aquel árbol que un día visité,

Donde escribí mi amor cómplice en su follaje,

Hoy arrancado de raíz

Por el hacha que rompe los silencios.


Madre Tierra, profanada:

No tienes la suerte de otras madres.

Nunca falta quien encienda un cerillo en tu nombre,

Quien derrame podredumbre tras bolsas de reciclaje.


Abandonada a tu suerte,

Mil veces invocada,

O mil veces profanada…


¿Quién lo sabe?


*

Je ferme les yeux et ta plainte m'atteint.


Ma peau traîne les mêmes peines qu'hier.

Je me dissous en mots et en vers ;

D'autres m'accompagnent dans la procession,

Au son des rivières

Et des oiseaux morts sur les barbelés.


Un technicien de l'impossible me dit :

— Ça va bien !

Je ferme les yeux, non par peur ni par déni :


C'est la tristesse pour cet arbre que j'ai visité un jour,

Où j'ai écrit mon amour complice sur son feuillage,

Aujourd'hui déraciné


Par la hache qui brise les silences.


Terre Mère, profanée :

Tu n'as pas la chance des autres mères.


Il ne manque jamais quelqu'un pour allumer une allumette en ton nom,

Qui déverse la pourriture derrière les sacs de recyclage.


Abandonnée à ton sort,

Mille fois invoquée,

Ou mille fois profanée…


Qui sait ?


***






 


1.-

Campos de esperanza


En la tierra de caoba por el sol que no descansa, donde el río se retira dejando grietas en su danza, brotan almas fuertes cosechando esperanza.


El cielo trae tormentas más fieras que leones, y el viento arrastra hogares como árboles sin raíz.

Pero hay brazos que se abren como puentes, y unos corazones que no dejan de latir.


No es sólo dar pan al hambriento, es plantar un árbol en su sendero.

Aunque a veces no esté en nuestras manos el cambio, Si nos unimos, juntos lo conseguiremos.


*

Les champs d'espérance


Sur la terre d'acajou, sous un soleil qui ne connaît pas de répit, où la rivière se retire, laissant des fissures dans sa danse, germent des âmes fortes, récoltant l'espoir.


Le ciel déchaîne des tempêtes plus féroces que des lions, et le vent emporte les foyers comme des arbres sans racines.

Mais il y a des bras qui s'ouvrent comme des ponts, et des cœurs qui ne cessent de battre.


Ce n'est pas seulement donner du pain à l'affamé, c'est planter un arbre sur son chemin.

Bien que parfois le changement ne soit pas entre nos mains, si nous nous unissons, ensemble nous y parviendrons.


2. -

À ti, hermana querida 


Con el corazón en la mano, 

Siento tu dolor y sufrimiento,

Miles de preguntas sin respuesta

Que solo el tiempo sabrá.


Mientras tanto aquí,

En este páramo que nos queda,

Solo nos queda remar,

Y luchar por que se solucione pronto 

Para volvernos a encontrar 


Hermana mía, hecha de sol y de fuerza,

que cuidas, que sueñas, que luchas.

En mis venas corre tu bondad.

Lo que España unió, nadie lo podrá borrar.

  

*

 À toi, chère sœur


Le cœur ouvert

Je sens ta douleur et ta souffrance,

Des milliers de questions sans réponse

Que seul le temps saura.


Pendant ce temps, ici,

Dans ce désert qui nous reste,

Il ne nous reste qu'à ramer

Et à lutter pour que cela se résolve vite

Pour que nous nous retrouvions.


Ma sœur, faite de soleil et de force,

Qui prends soin, qui rêves, qui luttes.

Ta bonté coule dans mes veines.

Ce que l'Espagne a uni, personne ne pourra l'effacer.


***






 


1.-

Algo de ángel

tiene esta mariposa

sobre el fango.


Viento de invierno

sostiene ¿qué?

¿tanta tristeza?


Me pregunto:

¿qué añora el grillo

cada noche?


*

Un air d'ange

a ce papillon

sur la fange.


Vent d'hiver,

que porte-t-il ?

Tant de tristesse ?


Je me demande :

que regrette le grillon

chaque nuit ?


2.-

El sapo


¿Desde qué piedra

la noche

respira

su hondura?


Mi alma

desde ti

en el agua

canta.


Sonido

pleno

de charca.


*

Le crapaud


De quelle pierre

la nuit

respire-t-elle

sa profondeur ?


Mon âme

en toi, 

dans l'eau

chante.


Un son

Plein

de mare.


3.-

El grillo

       a Wilfredo Rosario


El cielo

se estremece

en los helechos

y crece

esparcido

en sílabas.


*

Le grillon

               À Wilfredo Rosario


Le ciel

frémit

dans les fougères

et croît

éparpillé

en syllabes


4.-

Caballo

Una brisa

nos rapta

en el suspiro


Vuelve

en mí

ligera

la noche


Sin descifrar

el vuelo


Relámpago

oculto

en el oleaje

de las crines


En  imposible

luz

al fondo

de los astros.


*

Cheval

Une brise

nous emporte

dans le soupir


Revient

en moi

la nuit, 

légère


Sans déchiffrer

l'envol


Éclair

caché

dans la vague

des crinières


En une impossible

lumière

au fond

des astres.


5.-

Piedra


Muda como un secreto

me revelo

en tu contemplación


Busco

mi origen en ti


Mi alma

dura

inmóvil

atemperada.


*

Pierre


Muette comme un secret, 

je me révèle 

à ta contemplation.


en toi

Je cherche mon origine. 


Mon âme

 dure, 

immobile

 tempérée.


***








1. Soy un árbol


Soy un árbol 

Soy un árbol con los brazos 

Abiertos en espera  de la lluvia 

Soy un árbol embriagado 

Con la generosidad de la tierra 

Soy un árbol que ve las estrellas 

Y piensa en una mudanza 

Soy un árbol que escucha las

Confesiones de los hombres 

Soy un árbol lleno de pájaros 

Como un país inocente 

Soy un árbol que lleva los

Sueños bajo los párpados.


*

Je suis un arbre 


Je suis un arbre 

Je suis un arbre avec des bras 

Ouverts en attendant  la pluie 

Je suis un arbre ivre 

Avec la générosité de la terre 

Je suis un arbre qui voit les étoiles 

Et qui pense au changement

Je suis un arbre qui écoute les

Confessions des hommes 

Je suis un arbre plein d'oiseaux 

Comme un pays innocent 

Je suis un arbre qui porte les

Rêves sous les paupières


2.-

Serian buenos humanos los árboles


Serian buenos humanos los árboles

Rezando entre el viento

Con quietud vegetal.

Uniformados de esperanza

Sin saber si lloverá

Simplemente extendiendo los brazos.

Sacarían las aves de sus jaulas

Y las invitarian a su seno

Serian alimento y fruto

En esta casa olvidada.

Valientes

Al sol vencerian fabricando las sombras

Y con la sangre azul de la tierra

Calmarian su sed. 

Serian buenos humanos los árboles 

Con mágicas raíces

Las harían fuertes y profundas

Para embriagarse de vida.

Llegaría el fin de los nómadas

Destructores y pertenecerían 

A la tierra su diosa y única dueña.


*

Les arbres feraient de bons humains


Les arbres feraient de bons humains,

Priant au gré du vent,

Dans une sérénité végétale.


Vêtus d'espérance,

Sans savoir s'il pleuvra,

Simplement tendant les bras.


Ils sortiraient les oiseaux de leurs cages

Et les inviteraient en leur sein,

Ils seraient nourriture et fruit

Dans cette maison oubliée.


Courageux,

Ils vaincraient le soleil en tissant les ombres,

Et du sang bleu de la terre

Apaiseraient leur soif.


Les arbres feraient de bons humains,

Avec de magiques racines,

Ils les feraient fortes et profondes

Pour s'enivrer de vie.


Viendrait la fin des nomades destructeurs,

Et ils appartiendraient

À la terre, leur déesse et unique maîtresse.


3.-

MUNDO COLMENA


Pequeños guijarros o planetas

ataviados de oro y azabache.

Sin ser ángeles llevan alas

y una misión salvadora:

rellenar de mieles y esperanzas

nuestra casa común.

Viven en colonias como ejércitos

de paz

aliados de los hombres

de los árboles y brotes futuros.

Por las tardes quiebran el silencio

llevan su himno de flor en flor

dulce disturbio de vida

contrario a las cenizas.

Nunca podrían ser amenaza

pues en su cuerpo llevan un mensaje

que va deletreando el aire:

los ramos amarillos del sol

detrás de los barrotes.

Hagamos del mundo una colmena

seamos abejas obreras de la vida

de la libertad

del alimento

y cante por siempre el reino

de la primavera


*

Petits cailloux ou planètes

parés d'or et de jais.

Sans être des anges, ils ont des ailes

et une mission salvatrice :

remplir de miel et d'espoirs

notre maison commune.

Ils vivent en colonies comme des armées

de paix

alliés des hommes

des arbres et bourgeons futurs.

Le soir, le silence est rompu

Elle portent leur hymne de fleur en fleur

doux trouble de la vie

contraire aux cendres.

Elles ne pourraient jamais être une menace

car dans leur corps elle portent un message

qui épelle l'air :

les bouquets jaunes du soleil

derrière les barreaux.

Faisons du monde une ruche

soyons des abeilles ouvrières de la vie

de la liberté

de l'aliment

et que chante pour toujours le royaume

du printemps.


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