1.-
Agradezco la libertad,
el grito indomable
de venas dilatadas
en la garganta
de mi juventud.
Agradezco la luz
asaltando tu espalda
por la ventana
de mis ojos.
Agradezco
a la hija
que me parió madre.
Agradezco la promesa
que nunca firmamos,
la lluvia indecente
que nos caló los huesos
del alma.
Agradezco el hogar.
El pan.
La memoria.
Agradezco el poema.
*
Je remercie la liberté,
le cri indomptable
des veines dilatées
dans la gorge
de ma jeunesse.
Je remercie la lumière
assaillant ton dos
par la fenêtre
de mes yeux.
Je remercie
la fille
qui m’a enfantée mère.
Je remercie la promesse
que nous n’avons jamais signée,
la pluie indécente
qui nous a trempés jusqu’aux os
de l’âme.
Je remercie le foyer.
Le pain.
La mémoire.
Je remercie le poème.
2.-
Ahora que me río
donde antes lloraba,
que el ímpetu de vivir
se ha instalado en el olvido
y que mi piel
resta importancia
a las pasiones que vinieron.
Ahora que no calculo
el tiempo
de resucitar,
que la insoportable monotonía
me ha borrado de los mapas,
que admito presumir
de una frivolidad
que esconde la pena.
Ahora que resuelvo conflictos
con la frialdad
de un gánster sin armas,
que la rebeldía me ha dejado
sin banderas
y sin patria,
que la libertad
se arrastra con grilletes
por un porvenir incierto
de sumisa estupidez.
Ahora que grito versos
y escarbo en mi pecho
restos de amor,
agradecería un abrazo
en el lugar donde habitan
las locas solitarias.
*
Maintenant que je ris
là où avant je pleurais,
que l’élan de vivre
S’est installé dans l’oubli
et que ma peau
retire de l’importance
aux passions qui vinrent.
Maintenant que je ne calcule plus
le temps
de ressusciter,
que l’insupportable monotonie
M’a effacée des cartes,
que j’admets me vanter
D’une frivolité
qui cache la peine.
Maintenant que je résous les conflits
avec la froideur
D’un gangster sans armes,
que la rébellion m’a laissée
sans drapeaux
et sans patrie,
que la liberté
se traîne avec des fers
vers un avenir incertain
de soumission stupide.
Maintenant que je crie des vers
et que je fouille dans ma poitrine
les restes d’amour,
J’apprécierais un câlin
à l’endroit où habitent
les folles solitaires.
3.-
Malgastadas alas
que planearon
sobre cabezas
que no entendieron mi vuelo.
A veces
se agitan en el cajón
como animal herido
recordando
mi libertad de entonces.
Y yo construyo
aeroplanos
globos
pájaros de papel
como consuelo.
*
Ailes gaspillées
qui ont plané
au-dessus de têtes
qui n’ont pas compris mon vol.
Parfois
elles s’agitent dans le tiroir
comme un animal blessé
se rappelant
De ma liberté de l’époque.
Et moi je construis
des avions
des ballons
des oiseaux de papier
en consolation.
































